Dunes, 2007

Le pire n’est jamais certain, Collective exhibition 2010
The opening of the Pompidou Metz, Arsenal, Metz

« Cette série d’images se présente comme une épure rassurante : des enfants au loin, au sommet d’une dune, sous un ciel pâle où montent des nuages clairs, atmosphère d’insouciance, de plénitude accentuée par la lumière blanche qui irradie l’image. Aucun risque à l’horizon de ce paysage dont Vanessa Gandar ne divulgue pas l’identité, se concentrant sur l’essentiel, son propre regard et sa découverte. Pourtant, l’auteur de la notice est bien obligé de vendre la mèche en signalant qu’il s’agit du Teufelsberg, la montagne du Diable, le plus haut sommet de Berlin (80 m), situé au nord de la forêt de Grunewald qui longe la Havel. Complétement artificielle, celle-ci est formée de 26 millions de m3 de gravats des immeubles détruits pendant et après la seconde guerre mondiale dans la partie ouest de la ville ; elle a aussi enseveli l’université militaire nazie voulue en 1937 par Hitler et conçue par Albert Speer mais que les explosifs ne parvinrent pas à détruire. L’endroit est marqué par une symbolique forte encore renforcée par les constructions de la Guerre Froide lorsque le Teufelsberg devint un centre d’espionnage de la NSA américaine avec ses radars braqués sur Berlin Est. Par la photographie, Vanessa Gandar « exotise » le sujet comme si elle se livrait à un de ses voyages lointains auxquels elle a déjà consacré quelques séries d’images pénétrantes. Sa mise en scéne plastique extrêmement rigoureuse ouvre le regard sur un espace transformé en terrain de jeu et de contemplation, et auquel elle cherche à donner une seconde vie».

Christian Debize et Aurélie Michel,
Exhibition catalog Le pire n’est jamais certain, 2010

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Dunes, Germany, 32x32 cm, 2007